Swanina

Pour tous ceux que l’agriculture fait partie de leurs résolutions pour le post-confinement, voici le second article dans la série : « L’agriculture vous fait rêvez ? C’est peut être le momentde vous y lancer ! ».

L’agriculture vous fait rêver ? Lancez-vous pas à pas.

Je rappelle que cette série d’article m’a été inspirée par des passionnés de la nature à qui j’ai
envie d’offrir des conseils pratiques pour valoriser des jardins et des fermes familiales.
J’essaie donc de donner des outils simples en vue d’aider des amateurs de l’agriculture à se
professionnaliser en développant une vision structurée d’un projet agricole.

Nous en étions donc aux premières dispositions à entreprendre. A présent nous pouvons nous projeter dans une aventure d’agriculteur selon les différents choix que vous auriez faits.

Rappelons que nous nous sommes focalisés sur les objectifs, les engagements et les ressources qui vont déterminer les composantes de tout projet et qu’on peut traduire dans un plan d’affaire spécifiques aux composantes de votre prochain projet agricole dans votre bout de paradis tel que vous en rêvez.

Bien évidemment vos objectifs peuvent être axés sur le profit uniquement, mon ton romanesque peut vous paraître inopportun, ceci est parfaitement légitime, cependant l’agriculture pour moi se raconte comme une histoire car elle se vit ainsi et même si on n’est pas doté de cette sensibilité aux histoires, il serait difficile de ne pas succomber au charme de la nature incarné dans la verdure de l’herbe fraîche ou la fragrance des fleurs de printemps ou encore la fragilité d’une jeune pousse qui se lève pour mieux atteindre les rayons du soleil

Entamons donc sans plus tarder la conception technique de notre exploitation agricole en commençant par les incontournables dans une ferme de l’agriculture durable :

  • Le verger : d’arbres fruitiers comme le citronnier et autres agrumes, oliviers, mûrier, figuier ainsi que bien d’autres…
  • La petite pépinière : une ombrière plus ou moins grande pour abriter les jeunes pousses encore fragiles.
  • Le potager : des fruits et des légumes de saison que nous pouvons cultiver en association avec
  •  Les plantes aromatiques et les fleurs : ce sont d’excellentes alliées pour lutter contre les parasites, certaines ont des effets répulsifs, d’autres les attirent épargnant ainsi vos cultures.
  • L’élevage : cela va de l’apiculture pour du miel à condition de prévoir le déplacement
    des abeilles quand il est nécessaire ; ou un petit élevage de volatiles comme des poules pour
    des œufs fermiers ou pour du fumier si on opte pour des ovins dont l’élevage est très gratifiants si on y accorde du temps et l’attention nécessaire. Cela peut aller jusqu’à l’élevage bovin laitier ou d’engraissement si vous en avez les capacités techniques et financières.

A titre d’exemple, il y a des plantes qu’on utilise comme engrais vert, c’est-à-dire que la plante elle-même peut être enfouis dans le sol et utilisée comme engrais, ce sont les légumineuses comme les fèves ou les petits pois qui enrichissent le sol avec leur pouvoir de fixation de l’azote dans leurs racines et de le rendre assimilables dans le sol.Le pâturage ou la culture de fourrage : en pratiquant la rotation des cultures, on aura toujours une parcelle en jachère, dans laquelle on peut lâcher quelques bêtes pour la fournir en matière organique par leurs déjections. Si nous avons des ovins, il est recommandé de leur consacrer une ou deux cultures fourragères comme l’avoine et la luzerne ainsi on leur assure un minimum de sécurité alimentaire.

Le compost : pour incarner le concept naturel de « Rien ne se perd, tout se transforme », le compost est un excellent moyen de valorisation des déchets dans une exploitation agricole et ça nous fait toujours de l’engrais gratuit à portée de main.
Il est important de bien aménager sa ferme et de faire préalablement son plan d’assolement qui consiste à diviser son terrain en parcelles et de définir l’ordre de rotation des cultures qui ne doit pas se faire arbitrairement mais selon la nature des cultures.

A titre d’exemple, il y a des plantes qu’on utilise comme engrais vert, c’est-à-dire que la plante elle-même peut être enfouis dans le sol et utilisée comme engrais, ce sont les légumineuses comme les fèves ou les petits pois qui enrichissent le sol avec leur pouvoir de fixation de l’azote dans leurs racines et de le rendre assimilables dans le sol.

Ces légumineuses sont la clé de l’assolement, on doit les placer toujours entre deux types de culture : avant les plantes à feuilles ou certaines cultures gourmandes en azote comme les Foliacées et les plantes à feuilles comme la blettes, la laitue ou les épinards et après les cultures de plantes à racines ou tubercules comme celle de la pomme de terre qui épuise le sol. Retenez juste qu’un type de culture ne doit pas revenir au même endroit qu’après trois ans si on se limite à ces trois types de culture. En rajoutant les céréales et les cultures à fruits comme les aubergines, les tomates et les piments, nous devons penser à un assolement sur cinq ans.

Nous pouvons ici imaginer le casse-tête chinois pour planifier sa rotation de culture… et dire que nos agriculteurs connaissent ces pratiques sur les bouts des doigts sans avoir fait de mastère sur les légumineuses comme moi. L’apprentissage que nous pouvons tirer de la nature est sans limite et d’une valeur inestimable n’est ce pas ?

Il y a également un modèle que j’affectionne beaucoup qui est celui des associations des cultures. Figurez vous que dans le règne des végétaux les interactions entre les plantes peuvent être positives ou négatives. Je vais vous parler de deux principes d’interaction entre les plantes: celui des cultures en étages et celui des associations des plantes dites amies.

Les cultures en étages : sont une restitution du milieu naturel des plantes selon leurs besoins en lumière et en eau. L’exemple le plus explicite est celui de nos oasis au sud de la Tunisie. Nous observons bien cette stratification de culture : les palmiers tout en haut,,les arbres fruitiers un peu plus bas (grenadiers, bananiers, oliviers) et les cultures maraîchères tout en bas, qui sont souvent des plantes peu exigeantes en lumières comme la pomme de terre puisqu’elle pousse à l’ombre des arbres et des palmiers.

Les associations des plantes amies: concernent principalement les cultures potagères.
Ce sont des sortes d’affinités entre des plantes, des partenariats win-win qui se fait naturellement entre deux ou plusieurs plantes, sans doute pour le partage des nutriments et de l’eau dans le sol et ce phénomène a été observé et relevé par nos ancêtres agriculteurs avisés et nous a été transmis comme bonne pratique agricole. Je vais vous citer l’exemple des tomates et du basilic, parait qu’avant leur mariage culinaire dans la fameuse recette de « salade tomate basilic », les deux plantes s’affectionnent particulièrement dans le sol et le basilic serait même un améliorateur des qualités organoleptiques des tomates quand il est planté juste à côté d’elle.

Je finis cette fois sur cette note affectueuse et je vous promets un prochain article qui vous amènera à fermer les yeux et se laisser emporter par une ballade en mode panoramique dans votre propre exploitation agricole.

Sana Hafsa, Ingénieure agronome & Fondatrice de la start-up Swanina

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